GÉRARD SCHLOSSER, Gérard Schlosser

01 mars > 30 mars 2013

2 Av. Matignon, 75008 Paris

Présentation

SCHLOSSER, Piqué d’Epicure aux fleurs effleurées
La faim justifie les moyens et l’appétit vient en peignant. Schlosser l’épicurien connait bien la musique, souffle rythmique de jardins secrets, saouleries d’alcôve, Malher de Venise noyé dans un baby, comme Bach déconcerté de concerto, sonné de sonate, regain de rengaines. Jouissance de bonne chair, la fin justifie les festins, copains comme cochons, table ouverte et canapés, partage et raffinements de piano d’atelier. Il est des jours où Cupidon s’en fout et Schlosser attend patiemment, bras, seins, de Brassens, enlacés sur les bancs publics. Le parc est là, complice à deux pas, à portée de main, d’œil et de nez, d’amoureux sympathiques faisant corps, instants d’instinct, anonymement femelles et mâles. Les êtres abandonnés, apaisés, s’effeuillent au pied de l’arbre frémissant des saisons, oraison de frissons, sans le vouloir, sans trop savoir, sans trop se voir. Paravent de fenêtres, le jour s’immisce de sa chaleur timide, osmose rosée de lumière alvéolée irradiant l’œuvre, trompe l’œil à même le plancher. Pinceaux de crin pincés de cran, vivant écrin de verdure livré aux jours aguicheurs, aux rayons du printemps naissant, la luzerne lézarde, murmures au pied des murs imbriqués de briques rouges, ocre terre à terre réfractaire à se taire, racé accord de corps à corps enraciné. Havre de paix guetteur de silence, d’images et de contrastes, suiveuse transcendée, déformée, l’ombre chinoise ses mystères de boule de gomme, d’exotisme raffiné, de nuits câlines devinées… La toile écrue cuit. L’espace se livre, délivre sa révolution d’antre de guerre, cible, tir groupé, objectif et rafales… Dans le viseur de Schlosser, cadrée, figée, contrôlée, la pose s’interpose. Prisme de tête, la vie est là, offerte, nue, impudique, intimité subtilement volée, sublimement violée, coulisse de cuisse, dessein de sein, âge d’airain et de fesses, troubles courbes frémissantes de caresses et du vent. La beauté du désir s’apprivoise patiemment, se propose avec délicatesse, streap-tease séquencé avec doigté, garantie de vice caché livré cash, irréparable. Superpositions osées, léchées, couchées sur châssis à clef de sol, la mélodie d’acrylique se passionne, se façonne, lyrique, nostalgique et fragile. Comment oublier que la vie se transmet d’insidieuses pulsions, d’invincibles fantasmes, d’animales propositions, d’irrationnelles natures, d’invisibles philtres, d’incontrôlables liquides, d’actes charnels magnifiés, d’audaces assumées, oiseau rebelle qui n’a jamais, jamais connu de loi. Amour poétique, éternel et magique, la femme est l’avenir du peintre. Causeries de viscose, ton de coton, impressions d’imprimés, les textiles se dérobent. Les jupes écrins, tendres et virginales, s’entrouvrent lascivement détendues sur les fruits défendus. Parures chatoyantes, fils sensibles, elles s'étirent imperceptiblement d’une main divine, importune araignée tisseuse de toile, lisseuse de précieux diamant et de bonne aventure, opportune tarentelle de dentelle. Les hauts se baissent, les bas se blessent, coup de canif au contrat résilié. Résignées, les mailles se dénouent, se déroulent, filent doux sous les doigts avides d’aventure, de conquêtes, d’explorations, de possession. Franches et contrastées, les fibres vibrent de replis, bleues, roses, fleurs psychédéliques, mathématiques à géométrie palpable. Toucher n’est pas jouer ! Le fétiche se fait tâche, il prend forme, accouche femme, couple, traits et chemins lumineux, onduleuse vibration et superbes positions. Schlosser promène les sens, balade les repentances, balaie les remontrances, attise l’envie, conte contagieux, épidémie de génie. À l’affut, le loup monte ses plans affutés, tapie dans sa tanière aux petits pots, dévoreur de fraicheur, mangeur de candeur à toute heure. L’innocence repose sur la terre nourricière. Étalée, pensée sans souci, la nature fait bien les choses et le lit des eaux troublées suit son cours. Les amants se tiennent, se devinent, se découvrent, s’abandonnent au soleil, dérivent à la vie, se prennent et se donnent, se caressent, se laissent. L’herbe folle déraisonne au premier plan, grandeur nature d’hérétique oraison excitée, moisson érectile encadrée d’une puissante jeunesse. Méli-mélo chiffoné, froissé, elle ploie, se couche, verte d’espoir en nid improvisé des amours d’un jour, d’une existence, d’une humanité des temps infinis. Échange de bon procédés, l’art truque admirablement, pille totalement, transcrit habilement, magnifie vertigineusement pour qui sait voir, vouloir et aimer avec ou sans poil, accrochage en kingsize, sans minauderie, sans trahison, sans concession, sans état d'âme ni posture. Chirurgicalement esthétiques, les seins s’hérissent, se glissent, laissent tomber leur soutien de peau lisse et se mettent enfin à table. Ils se donnent en mamelles nourricières affranchies, rebelles alanguies, silo tribal et château d’eau des peuples magnifiques aux terres asséchées, aridité meurtrière d’enfants survivants souriant à pleines dents. Objets du délire, pièces à conviction de la rue Titon, les tétons tatillons s’entêtent, tétines tétées, têtus tâtonnés, triturés torturés. Plus loin, amnésiques de céramique, les amants s’oublient sur le carreau de glace, dédain de salle de bain, séparation de siphon, isolement de ruissellement, buée confinée, chaleur humide et souffle écourté. Carmin, outremer, la serviette vive attise, attire, éponge les âmes de feu et d’eau. Elle s’exprime, s’installe, s’étale dans l’indicible perfection de sa matière hallucinée, consternante force de conviction obsédante de vérité. Voyou, voyeur, voyageur, Schlosser jette un œil expert, le reprend sur grand écran, vagabonde obsessionnellement par le trou des serrures, et s’extirpe des prisons bien pensantes aux regards fuyants comme le temps. Papillons de coton, chrysalides en cocon, les corps s'entortillent, se démènent bras dessus, bras dessous. Ils se révèlent en beaux dessous et dansent entravés, arque boutés, chorégraphie saccadée, parade étouffée aux bras levés, évitement de vêtements.
Aperçues dans un trou d'aiguille introvertie, captées rasées en rai de lumière, sublimes tissus subliminaux, ces fulgurantes coquetteries s’exposent à l'œil, explosives anatomies. Patte blanche d’Artisan innocent, les images impressionnent de présence, d’authenticité, d’audace, de grandeur, magistralement imposantes. Captivés capturés, les délires se délient, libérés, assumés, étalés, affichés. Le temps n’existe plus, éternité fixée à l’huile de térébenthine, vernis d’alchimie, molécules en cellules, gènes et crameurs de rétines aux plaisirs interdits, brûleur d’espion débonnaire de rien, Schlosser de ne pas y toucher. Coup de sort entre deux portes ouvertes, coup de cœur flanqué d’odeurs offertes, de pores, de toisons d’or et de jais, brin de fille, panier garni, bouquet de charme, grain de beauté passé à la loupe, l’artiste explore l’amour propre, jolies peaux lustrées des jours patineurs, des cuirs de Russie, belle Irina, Pearl d’ailleurs. Il exhibe l’intense douceur des heures d’attirance, troubles sentiments d’amants aux inévitables destins d’incommunicabilité, tracés sur fond d’abandon. Des êtres rayonnants d’averse ultra violée arborent des bijoux d’aube fine, perles d’arc-en-ciel offertes aux cieux mirifiques, aux regards éblouis, reflets aux poignets rutilants, aveuglantes lueurs, extraordinaires parures précieuses comme l'instant suspendu. Accro de lycra, marotte de culotte, Estelle se réveille, Ingrid rêve, candide, Cécile sourcille, Maia dort déjà… Beau dos tendu sur tondo, écloses de pauses, les pleurs du mâle ravivent l’histoire inventée, sublimée d’une main fidèle, fleurs effleurées, caressées du souffle des souvenirs aléatoires, hémiplégique réminiscence des espoirs enfouis, assourdissantes tentations adolescentes. Schlosser crée pour ne rien oublier, ne rien lâcher, tout emporter, jouir d’hier et de demain, et droit debout, ébranler le mauvais sort. Le pinceau obéit au doigt et à l’œil. Sa pointe trace le sillon, nourrit la magie, donne la vie éternelle d’exactitude, suggestion à foison de gros plan lumineux, focus fœtal de femmes fatales. Vivre seul, mourir seul, mémorable destinée…. Et patienter entre les bras, sous le regard, bercé du souffle alter ego, homo sapiens dans de beaux draps, consommables, interchangeables… Aliments, éléments, emballage des préservations d’ADN, l’intox de botox a la bouche entr’ouverte. La folle dictature du rayon frais s’épile en chair de poule, table des matières et plat du jour, immense douleur des expériences, intense froideur des renaissances, science et séances des espérances, à la modes de modèles incommodés… Créateur possédé, fabuleux fabulateur, Schlosser narre l'invisible, pourfend l'invincible, enchante les mers, brave les canons, embrasse les cieux, brosse l'univers d'un regard fasciné. D'un tour de main incendiaire, il allume ses étoiles, embrase ses astres de mèches étincelantes à tous vents, éclat de génie d'une maitrise absolue. Il façonne, applique, étale l'impalpable, chef-d’œuvre illusionniste. Orfèvre de l'art, magicien de l'air, il cisèle sa sidérante prestidigitation, intemporelle tentation de rêves en reliefs, de monts et merveilles, délicat cadeau silencieux d'un lumineux bonheur en couleur.
J. Corbu
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