Antonio SEGUÍ

25/09/2015 - 24/10/2015

« Vouloir peindre c’est d’abord vouloir inventer une image qui bouleversera les autres. »

Antonio Seguí est un peintre argentin né à Córdoba en 1934. Il vit et travaille en France et en Argentine.

Après avoir étudié la peinture et la sculpture en France et en Argentine, il parcourt l’Europe et l’Amérique Latine avant d’organiser ses premières expositions personnelles à la fin des années 50. En 1962, lors d’une exposition à Buenos Aires, la satire sociale mise en scène dans ses œuvres fait réagir le public… Le peintre bénéficie alors d’un véritable « succès du scandale ». Sa carrière est lancée. Son travail est révélé en Europe à l’occasion de la Biennale de Paris en 1963. S’ensuivent alors des expositions dans le monde entier (Musée d’art Moderne de Buenos Aires, Musée d’art Moderne de Paris, FIAC, Biennale de Venise). 

Seguí s’installe à Paris en 1963 mais continue à effectuer de fréquents séjours en Amérique Latine. De 1976 à 1983, il est interdit de séjour en Argentine par la dictature militaire qu’il caricature dans ses toiles.

Après une courte période matiériste, Seguí, dès les années 60, confère aux figures une place primordiale dans son travail. Il se place alors aux premiers rangs de la Nouvelle Figuration (et du Pop Art) et trouve sa place parmi les artistes qui ont rejeté le formalisme de l’abstraction et redonné une place « au quotidien ».

Sa production est formée pour la plus grande part de peintures, mais aussi de gravures et de sculptures. 

Jeune peintre, il puise son inspiration auprès d’artistes comme Giorgio de Chirico, Mario Sironi, Gutiérrez Solana ou encore comme le peintre français satirique Honoré Daumier.

Dans les années 60 et 70 ses tableaux sont sombres et dénonciateurs. Il y fait figurer des représentants du Pouvoir, de l’Armée et du Clergé. Il peint des toiles expressionnistes et satiriques qui font allusion à l’histoire politique et sociologique de l’Amérique latine (Arrivée du Général, 1967). Il admet qu ‘« il a toujours eu dans sa peinture, des éléments constants, comme la dénonciation et la provocation également ». 

Depuis la fin des années 70, Antonio Seguí  travaille par séries. ll décline des suites de toiles aux connotations autobiographiques. On retrouve en permanence dans son oeuvre, el Senor Gustavo, personnage sombre, en costume, portant chapeau et traversant les peintures comme une espèce de double et témoin du peintre.

Son œuvre évolue significativement à la fin des années 80… La texture se fait légère et fluide les couleurs deviennent lumineuses voire fluorescentes (certaines toiles sont peintes à la bombe). Les tableaux se couvrent de formes géométriques et d’aplats de couleurs.

Le peintre réinvente sans cesse son théâtre populaire en explorant tous les possibles de la couleur, de la composition et du dessin. Ses peintures se suivent mais ne se ressemblent pas. Sous une apparente naïveté, chaque composition s’avère en réalité beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. 

L’Homme, figure emblématique du peintre, est une silhouette anonyme en mouvements, qu’il met en scène tantôt seule tantôt perdue dans une agitation urbaine tragique ou cocasse. Dans la toile, Seguí réduit L’Homme à son comportement social. L’échelle de grandeur disparaît; l’anatomie des corps n’obéit plus aux normes de la biologie. La facétie et l’humour supplantent l’angoisse existentielle. Le peintre orchestre à sa façon les espoirs et les folies d’une comédie humaine ironique faussement naïve et inquiétante. 

Du 24 septembre au 31 octobre 2015, les personnages d’Antonio Seguí envahiront la Galerie Laurent Strouk au travers d’une trentaine de peintures et de sculptures des années 2010 à 2015.