Peter Klasen

06/03/2004 - 07/03/2004

«J'ai fait un rêve» me dit Klasen citant Luther King. Lui l'artiste fait mieux que rêver il fait des choses qui rêvent qui oeuvrent à nous rappeler aux rêves qui nous ont faits ou refaits.

Un rêve qui m'a fait penser:

Que le monde est trop fou ou pas assez.

Qu'il y a la peur de reconnaître ses affolements et sa peur.

Peur de transformer ses points de rage en moments de courage-de-vivre.

Que d'affolement par peur de la folie du coup elle se retrouve intacte énorme chez les plus sages mais déniée non-reconnue.

Folie muette ou enragée de la non-reconnaissance.

Que de violence par peur de la violence - l'autre celle de la vie même.

Et du coup la revoilà en forme de meurtre silencieux du vivant.  Murder.  Meurs-des-restes-de-ta-folie...De l'avoir trop négligée...

Les restes reviennent de loin. Hantise des passés qui   ne passent pas.

Hantise  transparente et glaciale qui pèse.

Et l'on joue à la guerre on joue aussi à la couvrir de cris de paix. Les uns et les autres se brûlent à ce petit jeu faute de trouver le passage le point de mutation celui où l'on a enfin changé de « je» -sans le savoir.

Et pourtant partout plane le myth of love miteux mais increvable rattrapé - heureusement - par mille petites lumières disséminées où ça  s'aime tenacement de part et d'autre de chaque abîme sans nul repère par amour de l'amour.

Sacré manque de loi non pas celle des Codes mais celle - unique - qui permet d'être libre de bouger dans tous les sens avec tout près toujours une force de rappel quand l'oubli a tout noyé. Cette loi de vie est remplacée par l'approche la plus craintive de la loi par la culpabilité. Guilty devient un titre de gloire où faute de loi c'est l'ivresse de la faute et parfois la petite fascination de jouer avec.

Faute d'interpréter son désir de donner vie.

Et pourtant life is beautiful comme il dit et au-delà de ses rêves rouges ou bleus qui le prennent ou le surprennent l'humain trouve d'étonnants remèdes aux maux qu'il produit lorsqu'il cherche ses remèdes.

D'incroyables issues aux impasses qu'il crée quand il cherche le passage.

Daniel Sibony

Mai 2004